Chaque épisode de canicule s'accompagne d'un phénomène urbain discret mais bien réel : les rats se montrent davantage, en pleine rue, dans les cours d'immeuble ou au petit matin près des poubelles. Loin de disparaître avec la chaleur, ces rongeurs quittent au contraire leurs galeries pour gagner la surface. Comprendre ce qui les pousse dehors aide à anticiper la nuisance et à protéger son logement. Cet article explique pourquoi la chaleur fait sortir les rats des égouts, en quoi le réchauffement amplifie le phénomène, quels sont les risques pour la santé publique et comment réagir efficacement en ville.
Pourquoi la canicule fait-elle sortir les rats des égouts ?
Le rat brun, ou surmulot (Rattus norvegicus), vit habituellement à l'abri, dans les égouts, les caves et les sous-sols humides des villes. Ce refuge lui offre fraîcheur et sécurité une grande partie de l'année. Mais lors d'une vague de chaleur, l'équilibre bascule. Les galeries se transforment en pièges surchauffés et, avec la sécheresse, les points d'eau souterrains se raréfient. Soumis à ce choc thermique et menacés de déshydratation, les rongeurs remontent alors vers la surface pour trouver de l'eau et un peu de fraîcheur.
On les observe donc plus souvent à la tombée du jour ou tôt le matin, aux abords des fontaines, des espaces verts irrigués, des caves fraîches et des cours d'immeuble. Les bâtiments anciens, riches en fissures et en accès, deviennent des refuges de repli. C'est ce qui explique certaines intrusions soudaines de rats dans des logements ou des immeubles jusque-là épargnés.
Un phénomène amplifié par la hausse des températures
Au-delà de chaque épisode ponctuel, la tendance de fond inquiète les scientifiques. Une étude publiée en 2025 dans la revue Science Advances a associé la hausse des températures urbaines à l'augmentation des populations de rats dans de nombreuses grandes villes du monde. En clair, plus les villes se réchauffent, plus les conditions deviennent favorables à ces rongeurs, dont l'activité et la reproduction s'intensifient.
Concrètement, la multiplication des épisodes de canicule allonge la saison où les rats sont poussés vers la surface et facilite leur prolifération. La chaleur n'est donc pas un frein à la présence des rats en ville : c'est un facteur d'aggravation. Pour les grandes agglomérations, cela signifie une pression accrue sur les dispositifs de lutte et des signalements plus nombreux pendant l'été, un phénomène que Paris et d'autres villes intègrent désormais dans leurs plans de gestion des rongeurs.
Quels risques pour la santé publique ?
Un rat plus visible en surface, c'est un contact potentiel plus fréquent avec l'homme, et donc un enjeu de santé publique. Le principal risque est la leptospirose, une maladie bactérienne dont le rat est le réservoir principal. La bactérie est excrétée dans son urine et survit dans les milieux humides, précisément ceux que les rats recherchent en période de sécheresse. La France métropolitaine recense chaque année entre 600 et 700 cas de cette maladie, qui peut être grave.
À ces risques sanitaires s'ajoutent la salmonellose, que les rats peuvent transmettre en contaminant les surfaces et les aliments, et les dégâts matériels classiques : câbles rongés, isolation dégradée, denrées souillées. Une présence de rats installée dans un immeuble se propage vite d'un logement à l'autre si rien n'est fait.
Comment limiter la présence de rats pendant la canicule ?
Puisque les rats sortent chercher eau et nourriture, la prévention consiste à leur couper l'accès à ces deux ressources. Quelques réflexes simples réduisent nettement leur intérêt pour votre environnement immédiat.
En copropriété, la lutte est plus efficace lorsqu'elle est collective : un seul logement ou local mal protégé peut alimenter tout un bâtiment. La responsabilité est d'ailleurs partagée, les collectivités agissant sur l'espace public et les égouts, les propriétaires et syndics sur les parties privées.
Rat nuisible et rat domestique : ne pas confondre
Une précision s'impose, car la requête « le rat et la chaleur » recouvre deux réalités très différentes. Cet article traite du rat brun nuisible, celui des égouts et des immeubles. Mais certains lecteurs possèdent un rat domestique, un tout autre animal, très sensible à la chaleur. Chez ces rats domestiques, la canicule provoque un vrai risque de coup de chaleur et de déshydratation : un rongeur léthargique, couché sur le flanc et respirant vite, subit un coup de chaud qui peut lui être fatal.
Pour ces animaux de compagnie, les propriétaires disposent de gestes de rafraîchissement, à ne surtout pas transposer au rat nuisible. On maintient l'animal hydraté avec un biberon d'eau fraîche régulièrement renouvelée, on propose des aliments gorgés d'eau comme des morceaux de pastèque, de melon ou de concombre, en évitant le jus de fruit trop sucré. On rafraîchit la cage avec un pain de glace ou des bouteilles d'eau congelées enveloppées dans un linge humide, et un ventilateur créant des courants d'air indirects aide à faire baisser la température, la queue du rat, riche en vaisseaux sanguins, servant justement à évacuer la chaleur. En revanche, on évite de plonger l'animal dans l'eau ou une piscine, source de stress inutile.
Cette parenthèse posée, revenons au cœur du sujet : en ville, le rat qui sort des égouts pendant la canicule n'est pas un animal à secourir, mais un nuisible à tenir à distance.
Quand faire appel à un professionnel ?
Dès que la présence dépasse quelques observations isolées, qu'un rat se montre en journée ou que les indices se multiplient dans un immeuble, il s'agit d'une infestation qu'il vaut mieux ne pas laisser s'installer. L'intervention d'un professionnel de la dératisation est alors la solution la plus sûre : diagnostic des accès, traitement ciblé et durable, dans le respect de la réglementation. Vous trouverez plus d'informations sur le comportement de ce rongeur sur notre fiche dédiée au rat brun.
La canicule ne fait pas disparaître les rats, elle les rend simplement plus visibles et parfois plus envahissants. En agissant tôt sur l'eau, la nourriture et les accès, on limite fortement leur présence. Et si l'infestation persiste, l'équipe de Docteur Nuisibles intervient rapidement partout en Île-de-France. Demandez votre devis gratuit en ligne : réponse rapide et intervention adaptée.
FAQ - Canicule et rats
Pourquoi voit-on plus de rats pendant la canicule ?
Parce que les égouts et sous-sols deviennent surchauffés et plus secs. Soumis à la chaleur et menacés de déshydratation, les rats remontent en surface pour chercher de l'eau et de la fraîcheur, ce qui les rend plus visibles en rue et dans les immeubles.
La chaleur tue-t-elle les rats ?
Non. La canicule ne fait pas disparaître les rats, elle déplace les colonies et les pousse vers la surface, les caves et les logements. Le réchauffement des villes tend même à favoriser leur prolifération sur le long terme.
Les rats sont-ils dangereux pour la santé en ville ?
Oui, indirectement. Ils peuvent transmettre la leptospirose par leur urine présente dans les milieux humides. La France recense 600 à 700 cas par an. Il ne faut jamais manipuler un rat et il convient de se laver les mains après tout contact avec un sol humide suspect.
Comment éviter que les rats entrent chez moi pendant l'été ?
Fermez les poubelles, ne laissez ni déchets ni eau accessibles, et rebouchez les fissures et accès aux caves et gaines techniques. En immeuble ancien, une petite ouverture suffit à laisser passer un rongeur, d'où l'importance de calfeutrer les points d'entrée.
Que faire en cas d'infestation de rats dans un immeuble ?
Agir vite et collectivement, car l'infestation se propage d'un logement à l'autre. Prévenez le syndic et faites intervenir un professionnel de la dératisation, qui identifiera les accès et mettra en place un traitement ciblé et durable.
Je suis un spécialiste en dératisation et expert de l'actualité sur les nuisibles, fournissant des stratégies pour éliminer les rongeurs.